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Peu de gens tirent les leçons
qu'il faut de ce méga succès du Web qu'est
Yahoo!,
décliné depuis sa fondation en multiples saveurs
nationales. Et dans une certaine mesure, on pourrait dire
la même chose du cyberlibraire Amazon.Com
ou du site d'enchères eBay.
Et c'est bien dommage.
Quand on diffuse sur le Web,
c'est pour attirer des gens. Que le produit soit informationnel,
mercantile, de référence, ou autre, il importe
de s'assurer d'un bon achalandage. Or, avec de minces écarts
et des fluctuations ponctuelles, on se rend compte que Yahoo!
se classe dans tous les sondages et enquêtes sur l'achalandage
en tête de liste. C'est un succès envié,
et un modèle économique viable, une des rares
(et des premières) sociétés de la nouvelle
économie à afficher des profits. Tout le monde
veut être un Yahoo!
La philosophie initiale de
Yahoo! est demeurée inchangée depuis son lancement.
Comme le soulignait récemment Philippe
Guillanton, directeur général de Yahoo! France
dont les propos étaient repris par ZDNet, la démarche
a toujours été de proposer un service accessible
au plus grand nombre, et d'adapter son contenu en conséquence.
Or, bon nombre de concepteurs
de sites, dans leurs visées de conquête de
l'espace cyber, oublient ces principes fondamentaux sur
lesquels repose la réussite de Yahoo!
Le Groupe
Archambault lançait
récemment son site Web marchand. L'inventaire d'Archambault
n'est pas sans intérêt car on y trouve de nombreux
titres et ouvrages québécois non disponibles
dans les autres zéro surface, en plus des collections
habituelles des grands diffuseurs et éditeurs. Facilité
du commerce électronique pour les citadins, accès
élargi pour les populations des régions rurales
(la publicité d'Archambault renforçait d'ailleurs
cet élément), mais force est de constater
que le site n'offre aucune convivialité et exige
une connexion à 56 Kbps. Je vous ferai grâce
des détails techniques évoqués ailleurs
dans la presse spécialisée. C'est la décision
du Groupe Archambault, propriété de Quebecor,
et si le site marchand fractionne par le tiers la masse
pas encore critique de clients potentiels en raison des
exigences techniques, c'est son affaire.
Autre lancement de site,
récemment, celui de Québec-Multimédia.
Le site, rendu possible entre autres par une contribution
financière du gouvernement québécois
à hauteur de 186 000 $, a pour mission d'être
un miroir de l'industrie québécoise dans ce
secteur d'activité, un outil de référence
autant pour les acteurs d'ici que pour les vedettes de passage
et les joueurs de golf. Là encore, je vous ferai
grâce des considérations techniques, mais le
site déçoit par son manque de convivialité
et constitue à mon avis un exemple éloquent
du cordonnier mal chaussé. "Mais voyons, c'est un
site tout à fait respectable" me disait un cadre
d'entreprise multimédia, et d'ajouter ce dernier,
"ceux qui n'ont pas les "machines" et les logiciels pour
le "prendre" n'ont pas d'intérêt pour le multimédia."
Ah bon.
Prenons un autre exemple,
celui du journal Le
Monde. Grâce à
un outil de calcul du poids d'une page et de son temps approximatif
de téléchargement dans des conditions déterminées,
Doctor
HTML, on constate que la
page d'accueil du Monde "pèse" 111 Ko et prendra,
dans des conditions optimales de débit (rarement
atteintes) 63,2 secondes à charger sur un modem de
14,4 Kbps. Dans les mêmes conditions, la page d'accueil
de Yahoo! prendra 9,9 secondes à charger, soit un
écart d'un ratio de 6 pour 1.
Doctor HTML ne mesure cependant
pas le poids de ce qui se cache derrière des pages
d'accueil comme celles de Archambault ou Québec-Multimédia,
l'expérience ne peut donc y être reproduite.
Cependant, les leçons
d'accès que donne Yahoo!, et le nivellement technique
par le bas qui lui assure une telle popularité, devraient
inspirer plus souvent ceux et celles qui cherchent à
s'adresser au plus grand nombre. Autrement, on fractionne
et on retarde l'atteinte d'une masse critique de visiteurs.
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